Chronologies
Comment les grands sujets évoluent, jour après jour : chaque chronologie rassemble les articles sur un même événement, avec un résumé.
- Le mouvement des lycéens se poursuit avec des blocages et des interpellations en hausse
Le mouvement des lycéens, parti mi-septembre de la région parisienne avant de s'étendre à toute la France pour réclamer davantage d'enseignants et de moyens, a fait défiler plusieurs centaines de milliers de personnes mardi 6 octobre pour un « acte III » et gagné de nombreux établissements au-delà du secondaire, dont toutes les universités de Montpellier et Sciences Po Aix. Le 7 octobre, le principal syndicat des proviseurs a lancé une « alerte sociale nationale » appelant le gouvernement à ouvrir des négociations, et des députés macronistes ont demandé des comptes au gouvernement Lecornu. Depuis le 28 septembre, 6 547 personnes ont été interpellées selon Beauvau, des avocats d'adolescents placés en garde à vue dénoncent des gardes à vue destinées selon eux à « terroriser », une enquête pour « tentative de meurtre » confiée à l'IGPN vise un policier qui, selon l'avocat d'un lycéen de 17 ans interpellé à Belfort, aurait tenté de le noyer, et trois mineurs ont été placés en garde à vue à Orléans pour apologie du terrorisme après une vidéo. À la veille de l'« acte IV » du jeudi 8 octobre, le gouvernement a multiplié les signes d'apaisement, avec un appel au « dialogue » et la suspension d'une grenade utilisée par les forces de l'ordre, tandis que l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante ont demandé à être reçues par Sébastien Lecornu, les étudiants et lycéens réclamant 250 000 places en plus à l'université et la suppression de la sélection par Parcoursup.
- L'Assemblée nationale examine la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles
Les députés examinent depuis le jeudi 1er octobre la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, un texte transpartisan de 69 articles porté par une coalition de plus de 140 associations après l'affaire Lyhanna, et des rassemblements féministes ont de nouveau réuni des dizaines de milliers de personnes pour appeler à son adoption. Ils ont approuvé la création d'une « autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales » et adopté à l'unanimité un socle minimal d'actes d'enquête après chaque plainte, tandis que la ministre Aurore Bergé a promis un chiffrage budgétaire d'ici au 13 octobre. Le 6 octobre, l'Assemblée a maintenu les unités spécialisées dans la police contre l'avis du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, puis rétabli à l'unanimité un entretien annuel obligatoire de détection des violences faites aux enfants à l'école, de la maternelle à la terminale, qui ne s'appliquera qu'à partir de 2032. Le 7 octobre, les députés ont adopté à l'unanimité une mesure punissant d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende l'envoi non consenti d'images à caractère sexuel, ainsi qu'un nouveau délit de « traque furtive », et accéléré les débats alors que plusieurs centaines d'amendements restaient à examiner, à moins d'une semaine du vote solennel prévu le mardi suivant. Le texte doit ensuite être inscrit à l'ordre du jour du Sénat en janvier.
- Les lycéens dénoncent les violences policières, Lecornu réfute toute « répression policière »
Dans les cortèges lycéens qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes mardi 6 octobre, de Lille à Marseille, les manifestants ont dénoncé d'une seule voix les méthodes de la police depuis le début du mouvement le 17 septembre (« Trop jeunes pour voter, assez grands pour se faire gazer »), L'OBS comptant plus de 5 000 gardes à vue et des centaines de lycéens blessés. Devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a condamné les violences en marge des manifestations, réfuté toute « répression policière » et annoncé une demi-journée de « démocratie interne » dans les lycées, une mesure jugée « cacophonique » par des chefs d'établissement et qui arrive peut-être « trop tard » selon la FCPE. Le principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN-UNSA, refuse de l'organiser « tant que le climat ne sera pas serein », estimant qu'il faut plus de moyens que de temps de concertation, et Bruno Retailleau a fustigé une « câlinothérapie ». Le 7 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que l'IGPN avait ouvert 18 enquêtes depuis le début de la mobilisation et que l'usage des grenades assourdissantes était suspendu, après notamment qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée à Lens, tout en assumant sa doctrine de maintien de l'ordre ; la présidente du groupe RN au Sénat, Edwige Diaz, a affirmé qu'« il n'y a pas de répression policière ».
- Sébastien Lecornu annonce 10 millions de barils de gazole pour baisser les prix et répond aux lycéens
Dans une allocution télévisée depuis Matignon, mercredi 7 octobre, à la veille d'un « acte IV » du mouvement lycéen, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la libération sur trois mois de 10 millions de barils de gazole des stocks stratégiques français, mis « à la disposition des distributeurs » au prix de revient, ce qui doit permettre une baisse de 12 à 18 centimes du prix du litre à la pompe. Il a assuré que « le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver » et maintenu l'objectif de 5 % de déficit en 2027. Face à la colère des lycéens, il a affirmé que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens » et promis d'annoncer de « premières décisions » à la fin du mois d'octobre. Les représentants lycéens et étudiants ont demandé à être reçus par le Premier ministre dès la semaine prochaine, faute de « mesure concrète » à ce stade.
- La France engage un « dialogue technique » avec les talibans pour expulser des Afghans en situation irrégulière
La France a engagé des discussions « techniques » avec les talibans afin de faciliter le renvoi en Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière, notamment des personnes condamnées ou considérées comme une menace pour l'ordre public, selon une source diplomatique. Plusieurs centaines d'Afghans pourraient être concernés. Cette démarche, inédite depuis la rupture des relations diplomatiques en 2021, « ne remet pas en question » la position de Paris sur l'Afghanistan, selon cette source, la France ne reconnaissant pas le régime taliban.
- Mediapart accuse Jordan Bardella d'avoir écrit des messages antisémites en 2013
Mediapart attribue à Jordan Bardella, président du Rassemblement national, des messages antisémites qu'il aurait écrits en 2013 sur Messenger, lorsqu'il était jeune militant. Le journal affirme les avoir authentifiés et a publié ses éléments d'authentification, dont un constat d'huissier et une extraction de données de Facebook. Jordan Bardella dément en être l'auteur, dénonce des montages et a annoncé des plaintes pour diffamation ainsi que pour faux et usage de faux. Plusieurs responsables politiques, dont Gérald Darmanin et Olivier Faure, l'accusent de mentir et certains l'appellent à démissionner ; Marine Le Pen lui maintient sa confiance, « à 1.000 % » a-t-elle dit le 7 octobre, en qualifiant de nouveau la divulgation de Mediapart de « manœuvre infâme ».
- Le président du Medef affirme qu'une victoire de LFI en 2027 ferait « fuir » des patrons, lui compris
Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé mercredi 7 octobre sur LCI qu'une victoire de La France insoumise aux élections de 2027 ferait « fuir » certains patrons, lui compris, ou qu'il serait en tout cas démotivé à continuer à diriger son entreprise en France : « ça peut être fuir physiquement, financièrement ». Il a également jugé que le programme de Marine Le Pen comportait « beaucoup d'approximations ».
- Affaire MSC : Anticor réclame un procès pour Alexis Kohler, contre l'avis du parquet national financier
Dans l'affaire MSC, l'association Anticor demande aux juges de renvoyer en procès pour prise illégale d'intérêts Alexis Kohler, l'ancien bras droit d'Emmanuel Macron, contre l'avis du parquet national financier (PNF) et malgré le non-lieu réclamé. Alexis Kohler, qui conteste toute infraction, est mis en examen depuis quatre ans dans ce dossier autour de ses liens familiaux avec l'armateur MSC, qui a marqué le premier quinquennat du chef de l'État.
- Blocages des lycées : la mobilisation lycéenne s'étend à toute la France
Parti le 17 septembre de lycées de la région parisienne, le mouvement de blocage des lycées, contre les classes surchargées, les professeurs absents non remplacés, les bâtiments délabrés et Parcoursup, s'est étendu à toute la France et a gagné des universités, avec des heurts et des dégradations. Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a reçu syndicats et lycéens le 2 octobre sans les convaincre, puis a annoncé que les cours seraient totalement ou partiellement suspendus dans 400 à 500 lycées le 5 octobre, en faisant état de 24 établissements « incendiés ou saccagés ». Plus de 6 000 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre. Mardi 6 octobre, l'« acte III », soutenu par une intersyndicale de l'Éducation nationale, a fait défiler des centaines de milliers de personnes. Des organisations lycéennes et étudiantes appellent à un « acte IV » jeudi 8 octobre, et le Premier ministre doit s'exprimer mercredi soir dans une allocution depuis Matignon.
- Mouvement lycéen : affrontement politique autour du rôle de La France insoumise
Le mouvement de blocage des lycées a donné lieu à un affrontement politique autour du rôle de La France insoumise, que le gouvernement accuse d'avoir organisé le mouvement. Plusieurs candidats à la présidentielle, dont Gabriel Attal et Bruno Retailleau, ont mis en cause la responsabilité de LFI, Bruno Retailleau posant la question de son interdiction. Lors de leur débat sur France 2 et France Inter le 1er octobre, les cinq candidats à la primaire de la gauche ont refusé de tomber dans le « piège » de la critique de LFI, condamnant les violences en marge du mouvement, y compris celles de certains policiers, et préférant parler de l'école. LFI répond par un contre-récit sur les violences policières, Jean-Luc Mélenchon entendant faire de la protection de la jeunesse l'élément central de la journée de mobilisation du 6 octobre, et le 7 octobre le président de l'UDR Éric Ciotti a estimé que la crise était « manipulée » par l'extrême gauche et LFI.
- Les députés français créent une infraction spécifique pour l'inceste et l'étendent aux cousins
Les députés ont voté à l'unanimité mardi 6 octobre pour inscrire l'inceste comme infraction autonome dans le Code pénal, avec des dispositions et des peines propres ; jusqu'ici, il était notamment considéré comme une circonstance aggravante du viol. Le texte élargit aussi la définition de l'inceste aux cousins germains. Selon La Croix, ce crime toucherait 7 millions de Français.
- Le maire de Nice Éric Ciotti demande la révocation du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko
Le maire de Nice Éric Ciotti (UDR), allié du RN, a demandé mardi 6 octobre sur CNews la « révocation » par le Conseil des ministres du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qu'il accuse d'« attiser la violence » dans le cadre du mouvement de blocage des lycées : « Il incite et attise la violence, alors qu'il est officier de police judiciaire et le représentant de l'État ». Il a aussi mis en cause la position du Premier ministre Sébastien Lecornu sur les violences.
- Mobilisation lycéenne : l'« acte III » du 6 octobre rassemble entre 266 000 et 450 000 manifestants
Le mouvement lycéen, parti mi-septembre de la région parisienne avant de s'étendre, a tenu mardi 6 octobre son « acte III » partout en France pour réclamer plus de moyens pour l'Éducation nationale, en dénonçant notamment la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés et les bâtiments délabrés. Une intersyndicale de l'Éducation nationale le soutenait, la CGT avait promis de venir « protéger » les lycéens, la Confédération paysanne avait appelé les agriculteurs à les rejoindre en tracteur et la FCPE avait invité les parents à les accompagner. Les forces de l'ordre étaient fortement mobilisées : selon les services du Premier ministre, 215 adolescents et plus de 700 membres des forces de l'ordre avaient été blessés depuis le début du mouvement. Entre 266 000 et 450 000 manifestants ont défilé sans incident majeur, et les lycéens se disent déterminés à poursuivre la mobilisation malgré l'appel du gouvernement à retourner dès mercredi dans leurs établissements pour dialoguer.
- Le Premier ministre Lecornu défend l'ordre et cible la France insoumise
Revenu mardi 6 octobre devant les députés pour les traditionnelles questions au gouvernement après la pause estivale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu la nécessité de maintenir l'ordre face aux violences, notamment contre les enseignants, dans le mouvement des lycéens. Il a lancé une nouvelle offensive contre La France insoumise et contre-attaqué face aux accusations de violences policières.
- Le gouvernement étrille le programme budgétaire de Marine Le Pen, un budget « en carton-pâte »
Les ministres de l'Économie, Roland Lescure, et des Comptes publics, David Amiel, ont vivement critiqué mardi 6 octobre le programme budgétaire présenté dans la matinée par Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, un budget « en carton-pâte » selon le gouvernement. « Avec un budget Le Pen on rêverait en couleurs et on raserait gratis », a estimé Roland Lescure, qui a lancé « Vous rêvez en couleurs » à plusieurs reprises au député RN Jean-Philippe Tanguy lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
- Une manifestation d'Urgence Palestine prévue le 7 octobre à Paris interdite par le préfet de police
Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit la manifestation à l'appel du collectif Urgence Palestine « contre le génocide à Gaza et pour le respect du cessez-le-feu », prévue mercredi 7 octobre, jour des commémorations du 7-Octobre. Il a dit avoir pris cet arrêté « à la demande du ministre de l'Intérieur », Laurent Nuñez. Le collectif dénonce « une censure politique » et envisage un recours en justice.
- La justice annule l'élection de la seule maire RN d'Alsace
Le tribunal administratif de Strasbourg a annulé mardi 6 octobre l'élection de Raphaële Schober à la mairie de Wittelsheim (Haut-Rhin), dans la banlieue de Mulhouse, seule commune alsacienne conquise par le Rassemblement national aux municipales de mars, avec 17 voix d'avance. Le tribunal a retenu deux irrégularités ; Midi Libre évoque des bulletins irréguliers et une polémique sur Facebook. La mairie échappe ainsi à l'élue d'extrême droite.
- Une enquête révèle un manque de confiance des jeunes envers les responsables politiques et les candidats à la présidentielle de 2027
Selon une enquête publiée mardi 6 octobre, près de huit jeunes sur dix (78 %) estiment que les responsables politiques « préparent mal leur avenir », et 64 % ne font pas confiance aux candidats à la présidentielle de 2027 pour prendre en compte leurs préoccupations. Malgré cette défiance, 80 % déclarent avoir l'intention de voter. L'enquête, qui liste aussi des propositions concrètes de changement, paraît alors que les lycéens manifestent de nouveau partout en France.
- Le gouvernement défend Parcoursup face aux manifestations lycéennes
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a défendu mardi 6 octobre la plateforme d'orientation post-bac Parcoursup, au cœur des revendications des lycéens mobilisés : elle « fonctionne », a-t-elle dit, jugeant que « le totem de Parcoursup utilisé par certains responsables politiques est un leurre », alors que Jean-Luc Mélenchon, François Ruffin ou Dominique de Villepin demandent sa suppression. Après une semaine de blocages marquée par de vives tensions, l'exécutif souhaite une reprise des cours partout où la sécurité le permet. Le projet de loi « casseurs payeurs », qui vise à sanctionner financièrement toute personne présente dans un groupe lors de dégradations, arrivera au Parlement fin octobre.
- Le Parti socialiste va déposer une proposition de loi contre les armes mutilantes lors des manifestations de mineurs
Le chef des députés socialistes, Boris Vallaud, a annoncé mardi 6 octobre le dépôt imminent d'une proposition de loi interdisant aux forces de l'ordre l'usage d'armes mutilantes ou de « pratiques brutales » lors de manifestations impliquant des mineurs, face aux blocus de lycées. Ces derniers jours, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a jugé qu'on ne devait pas réprimer les manifestations de lycéens par le maintien de l'ordre classique, et l'Iran a dénoncé une « violence disproportionnée » contre les manifestants, en réponse aux critiques d'Emmanuel Macron sur la répression des manifestations iraniennes l'hiver dernier.