Chronologies
Comment les grands sujets évoluent, jour après jour : chaque chronologie rassemble les articles sur un même événement, avec un résumé.
- L'IGPN saisie après le coup de genou d'un policier au visage d'un manifestant à la Bastille
Le jeudi 8 octobre vers 18 h 15, pendant la manifestation des lycéens à Paris, un jeune homme a été interpellé place de la Bastille, et un reporter de Paris Match présent sur place a filmé la scène, où l'on voit un policier de la compagnie d'intervention asséner au manifestant un violent coup de genou. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le coup de genou est porté dans le visage du manifestant au moment de son interpellation, selon L'OBS, et HuffPost précise que ce jeune de 18 ans a été violenté par un policier. L'IGPN a été saisie et une enquête a été ouverte, selon HuffPost, tandis que Paris Match fait état de deux enquêtes ouvertes.
- L'Assemblée achève l'examen de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles
Les députés ont examiné du jeudi 1er au vendredi 9 octobre la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, un texte transpartisan de 69 articles porté par une coalition de plus de 140 associations après l'affaire Lyhanna, tandis que des rassemblements féministes réunissaient des dizaines de milliers de personnes pour appeler à son adoption. Ils ont notamment approuvé la création d'une « autorité de lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales », un socle minimal d'actes d'enquête après chaque plainte, le maintien des unités spécialisées dans la police contre l'avis du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez et un entretien annuel obligatoire de détection des violences faites aux enfants à l'école, qui ne s'appliquera qu'à partir de 2032. Le 7 octobre, ils ont adopté à l'unanimité une mesure punissant d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende l'envoi non consenti d'images à caractère sexuel, ainsi qu'un nouveau délit de « traque furtive ». Au dernier jour de l'examen, le vendredi 9 octobre, le Rassemblement national a fait tomber plusieurs mesures, dont la création d'un congé spécifique pour les salariés victimes de violences sexuelles, selon HuffPost, et la coalition féministe et enfantiste à l'origine du texte s'est insurgée contre le « recul des parlementaires », selon La Provence. Le vote solennel est prévu le mardi 13 octobre, et le texte doit ensuite être inscrit à l'ordre du jour du Sénat en janvier.
- Primaire de la gauche sociale-démocrate : le vote du premier tour prolongé jusqu'à dimanche après une cyberattaque
Les cinq candidats de la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, se sont affrontés le dimanche 4 octobre sur BFMTV lors du troisième et dernier débat télévisé avant le premier tour, de nouveau divisés sur une éventuelle alliance avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon aux législatives, et Raphaël Glucksmann, donné favori, a dû s'excuser pour ses propos visant Ségolène Royal. Pour plusieurs observateurs, aucun candidat n'est sorti vainqueur des trois débats, et à la veille du premier tour, Raphaël Glucksmann restait le favori sans avoir levé tous les doutes, selon France24. Le premier tour s'est ouvert le vendredi 9 octobre à 8 h et devait durer jusqu'au samedi 10 octobre à 20 h : quelque 140 000 électeurs doivent choisir leur candidat à la présidentielle parmi les cinq prétendants. Dès l'ouverture, la plateforme de vote en ligne a été victime d'une cyberattaque, un « afflux massif et fictif de connexions » qui l'a perturbée sans l'interrompre, selon la commission d'organisation, qui assure que « l'intégrité des votes enregistrés n'est pas compromise ». Les partis organisateurs vont porter plainte après une « grave attaque du processus démocratique », selon HuffPost, et le vote a été prolongé jusqu'au dimanche 11 octobre à 18 h, selon Paris Match.
- Le député RN Franck Allisio se sépare de son attaché parlementaire après des révélations de Libération
Le député RN des Bouches-du-Rhône Franck Allisio a annoncé le vendredi 9 octobre « mettre fin » au contrat de son attaché parlementaire, Louis Grégoire, au lendemain de la parution d'un article de Libération. Le journal l'avait mis en cause pour des publications en ligne de « conseils de lecture collaborationnistes, blagues racistes et slogans fascistes », selon France 3 Régions. Selon France Tv Info, Libération a révélé qu'il avait multiplié sur Facebook les propos outranciers, complotistes, racistes, antisémites ou masculinistes.
- Le mouvement des lycéens se poursuit malgré les annonces du gouvernement, avec des signes d'essoufflement
Le mouvement des lycéens, parti mi-septembre de la région parisienne avant de s'étendre à toute la France pour réclamer davantage d'enseignants et de moyens, a fait défiler plusieurs centaines de milliers de personnes le mardi 6 octobre pour un « acte III » et gagné de nombreux établissements au-delà du secondaire. Depuis le 28 septembre, 6 547 personnes ont été interpellées selon Beauvau ; à Belfort, une enquête pour « tentative de meurtre » confiée à l'IGPN vise un policier après la plainte d'un lycéen interpellé, et cinq personnes, dont trois lycéens le 8 octobre, ont été mises en examen pour l'agression d'un policier. Le 7 octobre, le principal syndicat des proviseurs a lancé une « alerte sociale nationale » et le gouvernement a multiplié les signes d'apaisement. Le jeudi 8 octobre, l'« acte IV » a réuni entre 71 500 et 130 000 manifestants selon les autorités et la CGT, en légère baisse par rapport à mardi, et le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a promis 3 000 professeurs remplaçants d'ici à mardi, en priorité dans 114 lycées. Le vendredi 9 octobre, 141 lycées restaient fermés, moins de 4 % des 3 700 que compte le pays et un chiffre stable par rapport à jeudi selon le ministère de l'Éducation, alors que le mouvement montrait des signes d'essoufflement selon Europe 1.
- Mediapart accuse Jordan Bardella d'avoir écrit des messages antisémites en 2013
Mediapart attribue à Jordan Bardella, président du Rassemblement national, des messages antisémites qu'il aurait écrits en 2013 sur Messenger, lorsqu'il était jeune militant. Le journal affirme les avoir authentifiés et a publié ses éléments d'authentification, dont un constat d'huissier et une extraction de données de Facebook. Jordan Bardella dément en être l'auteur, dénonce des montages et a annoncé des plaintes pour diffamation ainsi que pour faux et usage de faux. Plusieurs responsables politiques, dont Gérald Darmanin et Olivier Faure, l'accusent de mentir et certains l'appellent à démissionner ; Marine Le Pen lui maintient sa confiance, « à 1.000 % » a-t-elle dit le 7 octobre, en qualifiant de nouveau la divulgation de Mediapart de « manœuvre infâme ». Le 8 octobre, invité sur LCI, Jordan Bardella a de nouveau réfuté ces accusations, déplorant qu'une « affaire dont tout le monde se moque » parasite la campagne, accusant Mediapart de vouloir « l'assassiner politiquement » et assurant être « un garçon raisonnable », alors qu'un sondage Ifop indique qu'un Français sur cinq dit avoir de lui une image « détériorée ».
- Sébastien Lecornu annonce 10 millions de barils de gazole pour baisser les prix et répond aux lycéens
Dans une allocution télévisée depuis Matignon, mercredi 7 octobre, à la veille d'un « acte IV » du mouvement lycéen, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la libération sur trois mois de 10 millions de barils de gazole des stocks stratégiques français, mis « à la disposition des distributeurs » au prix de revient, ce qui doit permettre une baisse de 12 à 18 centimes du prix du litre à la pompe. Il a assuré que « le prix de l'électricité ne doit pas augmenter cet hiver » et maintenu l'objectif de 5 % de déficit en 2027. Face à la colère des lycéens, il a affirmé que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens » et promis d'annoncer de « premières décisions » à la fin du mois d'octobre. Les représentants lycéens et étudiants ont demandé à être reçus par le Premier ministre dès la semaine prochaine, faute de « mesure concrète » à ce stade. Le jeudi 8 octobre, le ministre du Pouvoir d'achat Serge Papin a annoncé que la libération des stocks de gazole interviendrait le 1er novembre, selon Libération, et Sébastien Lecornu doit recevoir le lundi 12 octobre les distributeurs à Matignon pour « organiser concrètement » la baisse des prix à la pompe, tandis que les automobilistes qui roulent à l'essence dénoncent un « deux poids deux mesures », selon Europe 1.
- Présidentielle 2027 : à « L'Heure de vérité », Édouard Philippe dévoile son « plan famille »
Premier invité de « L'Heure de vérité », l'émission politique des années 1980 ressuscitée par France Télévisions, le candidat Horizons à la présidentielle Édouard Philippe a plaidé le jeudi 8 octobre pour une France à nouveau « commandée et gouvernée » et dévoilé un « plan famille ». Il veut « revoir totalement » les allocations familiales, avec une allocation unique de 350 euros dès le premier enfant et une réduction d'impôt d'environ 3 000 euros, et exonérer de cotisations sociales les salariés qui acceptent de travailler plus. Pour Libération, ces mesures sont destinées à adoucir la potion économique amère qu'il propose aux Français.
- Rima Hassan porte plainte pour menaces de mort après une vidéo la visant sur Instagram
L'eurodéputée LFI Rima Hassan a annoncé le jeudi 8 octobre avoir porté plainte contre X à Paris pour menaces de mort et provocation au crime, après la publication sur un compte Instagram d'une vidéo dans laquelle un homme armé d'un fusil à pompe braque son arme vers la caméra en la menaçant : « Franchement, méfie-toi ». Selon Libération, l'homme, Adrien J., est un fan d'armes à feu pratiquant le tir, et l'eurodéputée a saisi la procureure de la République de Paris.
- Loups : le quota d'abattage pour 2026 va passer de 21 à 23 %, annonce Annie Genevard
Depuis le Sommet de l'élevage en Auvergne, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé jeudi 8 octobre que le quota de loups qu'il sera possible d'abattre en 2026 sera relevé dans les prochains jours de 21 à 23 % de la population globale, une possibilité prévue par la loi. « Nous activerons tout prochainement les 2 points (supplémentaires) pour que le plafond passe de 21 à 23% », a-t-elle déclaré, ajoutant qu'« il y aura des conditions pour le tir ».
- Les lycéens dénoncent les violences policières, Lecornu réfute toute « répression policière »
Dans les cortèges lycéens qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes mardi 6 octobre, de Lille à Marseille, les manifestants ont dénoncé d'une seule voix les méthodes de la police depuis le début du mouvement le 17 septembre (« Trop jeunes pour voter, assez grands pour se faire gazer »), L'OBS comptant plus de 5 000 gardes à vue et des centaines de lycéens blessés. Devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a condamné les violences en marge des manifestations, réfuté toute « répression policière » et annoncé une demi-journée de « démocratie interne » dans les lycées, une mesure jugée « cacophonique » par des chefs d'établissement et qui arrive peut-être « trop tard » selon la FCPE. Le principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN-UNSA, refuse de l'organiser « tant que le climat ne sera pas serein », estimant qu'il faut plus de moyens que de temps de concertation, et Bruno Retailleau a fustigé une « câlinothérapie ». Le 7 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que l'IGPN avait ouvert 18 enquêtes depuis le début de la mobilisation et que l'usage des grenades assourdissantes était suspendu, après notamment qu'un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée à Lens, tout en assumant sa doctrine de maintien de l'ordre ; la présidente du groupe RN au Sénat, Edwige Diaz, a affirmé qu'« il n'y a pas de répression policière ».
- La France engage un « dialogue technique » avec les talibans pour expulser des Afghans en situation irrégulière
La France a engagé des discussions « techniques » avec les talibans afin de faciliter le renvoi en Afghanistan de ressortissants afghans en situation irrégulière, notamment des personnes condamnées ou considérées comme une menace pour l'ordre public, selon une source diplomatique. Plusieurs centaines d'Afghans pourraient être concernés. Cette démarche, inédite depuis la rupture des relations diplomatiques en 2021, « ne remet pas en question » la position de Paris sur l'Afghanistan, selon cette source, la France ne reconnaissant pas le régime taliban.
- Le président du Medef affirme qu'une victoire de LFI en 2027 ferait « fuir » des patrons, lui compris
Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé mercredi 7 octobre sur LCI qu'une victoire de La France insoumise aux élections de 2027 ferait « fuir » certains patrons, lui compris, ou qu'il serait en tout cas démotivé à continuer à diriger son entreprise en France : « ça peut être fuir physiquement, financièrement ». Il a également jugé que le programme de Marine Le Pen comportait « beaucoup d'approximations ».
- Affaire MSC : Anticor réclame un procès pour Alexis Kohler, contre l'avis du parquet national financier
Dans l'affaire MSC, l'association Anticor demande aux juges de renvoyer en procès pour prise illégale d'intérêts Alexis Kohler, l'ancien bras droit d'Emmanuel Macron, contre l'avis du parquet national financier (PNF) et malgré le non-lieu réclamé. Alexis Kohler, qui conteste toute infraction, est mis en examen depuis quatre ans dans ce dossier autour de ses liens familiaux avec l'armateur MSC, qui a marqué le premier quinquennat du chef de l'État.
- Blocages des lycées : la mobilisation lycéenne s'étend à toute la France
Parti le 17 septembre de lycées de la région parisienne, le mouvement de blocage des lycées, contre les classes surchargées, les professeurs absents non remplacés, les bâtiments délabrés et Parcoursup, s'est étendu à toute la France et a gagné des universités, avec des heurts et des dégradations. Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a reçu syndicats et lycéens le 2 octobre sans les convaincre, puis a annoncé que les cours seraient totalement ou partiellement suspendus dans 400 à 500 lycées le 5 octobre, en faisant état de 24 établissements « incendiés ou saccagés ». Plus de 6 000 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre. Mardi 6 octobre, l'« acte III », soutenu par une intersyndicale de l'Éducation nationale, a fait défiler des centaines de milliers de personnes. Des organisations lycéennes et étudiantes appellent à un « acte IV » jeudi 8 octobre, et le Premier ministre doit s'exprimer mercredi soir dans une allocution depuis Matignon.
- Mouvement lycéen : affrontement politique autour du rôle de La France insoumise
Le mouvement de blocage des lycées a donné lieu à un affrontement politique autour du rôle de La France insoumise, que le gouvernement accuse d'avoir organisé le mouvement. Plusieurs candidats à la présidentielle, dont Gabriel Attal et Bruno Retailleau, ont mis en cause la responsabilité de LFI, Bruno Retailleau posant la question de son interdiction. Lors de leur débat sur France 2 et France Inter le 1er octobre, les cinq candidats à la primaire de la gauche ont refusé de tomber dans le « piège » de la critique de LFI, condamnant les violences en marge du mouvement, y compris celles de certains policiers, et préférant parler de l'école. LFI répond par un contre-récit sur les violences policières, Jean-Luc Mélenchon entendant faire de la protection de la jeunesse l'élément central de la journée de mobilisation du 6 octobre, et le 7 octobre le président de l'UDR Éric Ciotti a estimé que la crise était « manipulée » par l'extrême gauche et LFI.
- Les députés français créent une infraction spécifique pour l'inceste et l'étendent aux cousins
Les députés ont voté à l'unanimité mardi 6 octobre pour inscrire l'inceste comme infraction autonome dans le Code pénal, avec des dispositions et des peines propres ; jusqu'ici, il était notamment considéré comme une circonstance aggravante du viol. Le texte élargit aussi la définition de l'inceste aux cousins germains. Selon La Croix, ce crime toucherait 7 millions de Français.
- Le maire de Nice Éric Ciotti demande la révocation du maire de Saint-Denis Bally Bagayoko
Le maire de Nice Éric Ciotti (UDR), allié du RN, a demandé mardi 6 octobre sur CNews la « révocation » par le Conseil des ministres du maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qu'il accuse d'« attiser la violence » dans le cadre du mouvement de blocage des lycées : « Il incite et attise la violence, alors qu'il est officier de police judiciaire et le représentant de l'État ». Il a aussi mis en cause la position du Premier ministre Sébastien Lecornu sur les violences.
- Mobilisation lycéenne : l'« acte III » du 6 octobre rassemble entre 266 000 et 450 000 manifestants
Le mouvement lycéen, parti mi-septembre de la région parisienne avant de s'étendre, a tenu mardi 6 octobre son « acte III » partout en France pour réclamer plus de moyens pour l'Éducation nationale, en dénonçant notamment la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés et les bâtiments délabrés. Une intersyndicale de l'Éducation nationale le soutenait, la CGT avait promis de venir « protéger » les lycéens, la Confédération paysanne avait appelé les agriculteurs à les rejoindre en tracteur et la FCPE avait invité les parents à les accompagner. Les forces de l'ordre étaient fortement mobilisées : selon les services du Premier ministre, 215 adolescents et plus de 700 membres des forces de l'ordre avaient été blessés depuis le début du mouvement. Entre 266 000 et 450 000 manifestants ont défilé sans incident majeur, et les lycéens se disent déterminés à poursuivre la mobilisation malgré l'appel du gouvernement à retourner dès mercredi dans leurs établissements pour dialoguer.
- Le Premier ministre Lecornu défend l'ordre et cible la France insoumise
Revenu mardi 6 octobre devant les députés pour les traditionnelles questions au gouvernement après la pause estivale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu la nécessité de maintenir l'ordre face aux violences, notamment contre les enseignants, dans le mouvement des lycéens. Il a lancé une nouvelle offensive contre La France insoumise et contre-attaqué face aux accusations de violences policières.